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Discours de FO Métaux lors du congrès de 2009

[Intervention sur le point 3.3 du Programme d'actions, Goteborg le 26 mai 2009]

Merci Présidente.

Cher-e-s Camarades, Cher-e-s Ami-e-s, Bonjour à toutes et à tous.

Comme de nombreux camarades, je tiens à remercier Marcello, Jorgen, toute l'équipe d'avoir conduit la FIOM à un tel niveau d'accomplissement. Avec le programme d'action que nous vous proposons, animé par les nouveaux responsables que je félicite, nous comptons poursuivre cette oeuvre commune.

Ces témoignages sur la situation au Mexique montrent que face à de telles atteintes aux droits des travailleuses et des travailleurs, à travers leurs représentants, la FIOM a réussi à mobiliser et obtenir des avancées. Mais ce n'est pas suffisant, les violations continuent et se multiplient, partout dans le monde sous différentes formes : il faut que cela cesse ! En cette période de crise, le risque de repli sur soi est grand, alors même que seule la solidarité nous permettra de dépasser les drames occasionnés par la dérive financière et qui touchent toutes les travailleuses et tous les travailleurs. Plus que jamais, nous devons agir ensemble pour défendre et protéger les droits acquis de haute lutte partout dans le monde quand nous souhaiterions plutôt en revendiquer de nouveaux pour toutes et tous.

La FIOM et ses affiliés doivent aller au-delà de la simple coordination.
La FIOM doit être en capacité de promouvoir et mener des campagnes afin de réagir efficacement lorsque des multinationales voire des pays ou des régions violent les droits des travailleuses et des travailleurs. Aussi nous devons donner une impulsion plus grande à la FIOM pour mener à bien sa mission grâce à une implication accrue par delà les frontières.

L'action fondamentale du mouvement syndical a toujours été de DEFENDRE, au sens FAIRE RESPECTER, & PROTEGER, au sens PROMOUVOIR & DEVELOPPER des DROITS, c'est-à-dire, Mes Cher-e-s Camarades, l'acquisition de l'autonomie pour nos familles et nous-mêmes, grâce au travail, justement rémunéré et exercé dans de bonnes conditions de santé et de sécurité, donc d'être LIBRES. Sans droit, on est un esclave. 150 ans de luttes syndicales depuis l'avènement de l'industrie ont permis d'obtenir, notamment dans certains pays industrialisés des acquis sociaux à partager avec les travailleuses et les travailleurs du monde entier. Que constate-t-on depuis près de 30 ans ? La part des salaires baisse au regard des richesses produites. Les inégalités s'accroissent entre les grandes entreprises où nous sommes présents et les petites ou moyennes où les travailleuses et les travailleurs ne peuvent pas se battre. Les employeurs sont toujours avides de remettre en cause les garanties obtenues ou à obtenir collectivement, notamment par la violence faite aux syndicalistes. Le monde du travail change en profondeur : les entreprises fonctionnent en filières composées de donneurs d'ordre et d'une multitude de sous-traitants répartis dans tous les continents, les centres de décisions sont loin, et bien souvent les employeurs nous disent qu'ils ne font qu'appliquer des décisions prises ailleurs. Les gouvernements, eux, restent limités à leur territoire et sont de plus en plus soumis au pouvoir de ces donneurs d'ordre. C'est donc bien sur nous, travailleuses et travailleurs organisés, que repose l'enjeu de la promotion et de la défense d?une organisation du travail et de relations sociales respectueuses des femmes et des hommes. Et pour cela, nous devons agir et nous adapter le cas échéant.

Agir dans la FIOM, c'est déjà agir nous-mêmes, en tant qu'affiliés. Au-delà de l'émotion que nous ressentons toutes et tous devant la violation des droits dans certains pays, combien d'entre nous font-ils connaître ces situations dans leur pays ? Toutes nos militantes et tous nos militants dans nos entreprises en ont-ils connaissance ? Et nos propres adhérentes et adhérents, sont-ils informés ? Il faut plus de mobilisations, plus d'actions solidaires pour défendre efficacement les droits syndicaux, pour obtenir l'égalité des droits et pour assurer la sécurité au travail ce sont là les 3 points traités dans la section 3.3 du programme d'action. Cet engagement de toutes et de tous, nous en avons besoin, d'autant plus qu'en cas de crise, comme celle que nous traversons aujourd'hui, les droits fondamentaux des travailleuses et des travailleurs sont mis à mal et suscitent de plus en plus de révolte et de manifestations de désespoir. Le site de la FIOM nous en informe en temps réel.

En tant qu'affilié, nous devons aussi veiller à ce que les avantages acquis par les travailleuses et les travailleurs des multinationales dans un pays, ne le soient pas en portant atteinte aux travailleuses et aux travailleurs des sous-traitants de ce pays ou d'autres pays. Ce serait nous affaiblir car les employeurs n'hésitent pas à placer les travailleurs en situation de concurrence, le but étant le moins-disant social.

Pour les affiliés, ce programme d'action prévoit que la FIOM continuera à aider, à mobiliser, à soutenir les actions et les activités notamment pour les travailleuses et les travailleurs en zones franches d'exportation, à lutter contre les discriminations, à surveiller toutes les formes de précarité, à divulguer les infos et faciliter leur partage entre nous, à décliner les questions de santé et de sécurité au travail. Pour ce faire, elle doit mettre les moyens nécessaires et communs à disposition, organiser des ripostes rapides aux atteintes aux droits fondamentaux et montrer l'exemple, donner des signes forts comme pour la représentativité des femmes dans ses structures où depuis le congrès de Vienne, 8 femmes ont intégré l'Exécutif.

En coopérant avec les autres fédérations syndicales ou organismes internationaux, la FIOM continuera à développer des actions destinées à faire appliquer les normes du travail et les mesures de protection dans les accords cadre internationaux, les accords de commerce...
On l'a vu récemment, quand les intérêts financiers sont menacés, les responsables des gouvernements réussissent à se mobiliser, sont très réactifs, bousculent leurs agendas. Dès lors qu'il s'agit de finances ils trouvent des solutions.
Mais il n'en va pas de même pour le social.
Si nous voulons donner à l'OIT les moyens de promouvoir les normes sociales et de contrôler leur application, il faut toute la force de la FIOM et des autres fédérations syndicales ou organismes partageant les mêmes intérêts pour les travailleuses et les travailleurs. Dans ce domaine, la FIOM et ses alliés doivent mettre en place des stratégies communes, des actions conjointes pour faire appliquer les normes, informer, dénoncer publiquement et rapidement tous les manquements, développer des réseaux de solidarité grâce à des outils comme internet et ainsi garantir une couverture internationale rapide notamment dans les zones franches d'exportation et exercer des pressions en vue d'obtenir des indemnisations pour les victimes de l'amiante, du cancer, de tous les fléaux engendrés par de mauvaises conditions de travail.

Et oeuvrer ainsi à l'émergence d'un dialogue social mondial, tiré par les organisations de travailleuses et de travailleurs, celles-là mêmes qui ont contribué, de tous temps, à apporter des garanties de répartition équitable des richesses produites, avec toujours la même quête d'élévation du niveau et de l'espérance de vie.

La multipolarisation qui caractérise le monde, aujourd'hui, n'est sous-tendue par aucune théorie économique d'ensemble, mais seulement par des objectifs financiers stériles, mortifères pour l'économie, personne n'avait prévu telle situation et ne peut prévoir son développement.

Face à cette réalité, qui démontre chaque jour notre interdépendance et donc notre solidarité de fait, au quotidien pour la nourriture, l'habillement et autres besoins à satisfaire, nous revendiquons pour chaque travailleuse et travailleur partout dans le monde, un partage plus juste des richesses produites. Cela est possible grâce à une croissance durable retrouvée, rendue possible grâce à la consommation responsable accessible à toutes et à tous, elle-même rendue possible grâce à une répartition plus équitable des richesses. Les travailleuses et les travailleurs sont aussi des consommatrices et des consommateurs quand ils en ont les moyens. Nous qui les représentons, avec eux, sommes face à nous-mêmes, les seuls à pouvoir influer ainsi sur notre avenir.

Cela ne tient qu'à nous, Mes Cher-e-s Camarades, nous sommes seuls en capacité de revendiquer, défendre et protéger les droits de toutes et tous les travailleuses et les travailleurs pour aboutir à une meilleure répartition des richesses.
Nous, partout dans le monde, la moitié étant des femmes, 30 % à 50 % de jeunes, beaucoup de migrants, enfants et petits-enfants de migrants.

Défendre et promouvoir les droits syndicaux, c'est faire pression pour changer la législation et faciliter la création de syndicats, c'est lutter pour l'égalité des droits. Dans de nombreux pays, beaucoup de travailleurs sont discriminés et se voient denier leurs droits à la liberté d'association et à la négociation collective.
Et ces personnes ? qui sont souvent des femmes, des jeunes ou des migrants ? sont les premières touchées par la précarité.
Vous avez toutes et tous entendu que dans les zones franches d'exportation où travaillent beaucoup de femmes, les atteintes aux droits syndicaux sont monnaie courante. La FIOM doit continuer à coopérer avec d'autres fédérations syndicales internationales afin de remédier à l'absence de syndicats dans ces lieux.
Les armes pas plus que la dictature, ne sont jamais arrivées à soumettre durablement les peuples. Seule la volonté humaine permet d'exister, de résister et de se développer.

Mes Cher-e-s Camarades, notre pire ennemi ce peut être nous-mêmes quand nous sommes divisés, non représentatifs ou pas présents. Inversement, notre meilleur allié, c'est nous-mêmes quand nous sommes solidaires. Les moyens d'arriver à influer sur notre avenir ce sont les valeurs que nous défendons : la liberté grâce aux droits, l'égalité devant ces droits, la fraternité dans nos actions communes. En cela, le programme d'action que nous vous proposons, fruit du travail de représentants syndicaux de tous les continents est une étape importante pour les 4 ans à venir, une condition de succès, une nouvelle chance que nous donnons à la FIOM et donc à nous-mêmes.

Merci Mes Cher-e-s Camarades de votre attention.



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