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Renault Trucks : la crise a bon dos

La direction de Renault Trucks a annoncé le 16 juin la suppression de 463 emplois en France. Le coup est rude pour les salariés, qui ont déjà affronté en 2014 et 2015 des PSE destinés à améliorer la rentabilité du groupe Volvo. L’opération est pour FO d’autant plus injustifiable qu’elle met en péril le savoir-faire de Renault Trucks au moment où le secteur fait face à une révolution technologique.


19 Juin 2020

Après un plan de réduction des coûts fin 2019, ce sont maintenant des suppressions d’emplois qui viennent frapper Renault Trucks. Le motif invoqué par l'ex-division poids lourds de Renault et sa maison-mère le groupe Volvo est sans surprise : l’impact de la crise sanitaire. A ceci près que les carnets de commande sont encore bien garnis et que les commandes reprennent, contrairement aux voitures. Le groupe précise en effet qu’il « s’attend à un ralentissement durable de la demande de ses clients » et qu'il lui faut se préparer à un niveau d'activité inférieur à ses niveaux d'avant-crise « à court et à moyen terme ». Autrement dit, il faut agir préventivement pour sauvegarder la rentabilité du groupe.

La réduction d’effectifs annoncée concerne essentiellement des cadres et des techniciens employés dans le domaine des études, de la recherche et développement (R&D) et vient s’ajouter au départ forcé de plus de 400 consultants dont les contrats ont été rompus dès le début de la crise. Une centaine des postes supprimés devrait être réaffectée dans la filiale Arquus, plus spécialisée dans le domaine de la défense et dont le groupe envisage la cession régulièrement. À Lyon, 285 cols blancs seraient menacés dans la R&D, de même que 86 salariés des départements commerciaux de la marque Renault Trucks, 24 des fonctions supports, 68 dans les usines et la plateforme logistique (sur 4 320 salariés), et 20 postes à Bourg-en-Bresse (sur 1 320 salariés). Les sites de production de Blainville-sur-Orne, en Normandie, et de Limoges ne seraient pas touchés. Les modalités de mise en œuvre de ce plan « ne sont pas encore connues, mais l'entreprise souhaite ouvrir la négociation d’une rupture conventionnelle collective au retour des congés d’été ». Par ailleurs, le projet immobilier Babel, portant sur la création d’un nouvel ensemble hébergeant 1 200 chercheurs pour un investissement de 30 millions d’euros annoncé pour 2021, est lui aussi suspendu. 

« C’est un peu plus de 20 % de la R&D. Cela risque d’être compliqué de trouver presque 300 personnes volontaires pour partir étant donné le marasme du marché de l’emploi », a réagi Boris Lausenaz délégué FO Renault Trucks, pour qui  « le groupe Volvo utilise la crise sanitaire et économique pour faire du ménage alors que le groupe connaît une rentabilité de plus de 10 % et que les dividendes aux actionnaires ont été multipliés par 3 ». Sans compter que Renault Trucks a fermé ses usines durant le confinement et reçu des dizaines de millions d’euros de la part de l’État dans le cadre du chômage partiel. Sur ce sujet, un contrôle serait peut-être à envisager, des comptes pourraient être demandés…

Pour le délégué syndical central FO Renault Trucks Olivier Repessé aussi, la crise a bon dos. Dénonçant « un effet d’aubaine », il met en garde contre « le risque de perte des savoir-faire et des capacités technologiques de l’entreprise ». D’autant que le groupe Volvo a prévu de réduire de 35 % son budget de R&D en 2020, au moment où le développement des moteurs électriques et la montée de l’hydrogène vont exiger des compétences pointues pour rester dans la course. De quoi s’interroger sur la stratégie industrielle du groupe. Le DSC FO a d’ailleurs profité de la visite du président de la République chez le voisin Sanofi pour faire passer le message à son chef de cabinet : « Renault Trucks est le seul constructeur français de camions. Il produit en France et rien n’est fait pour le sauver ». Le secrétaire fédéral Laurent Smolnik, lui, pointe l’absence de prise en compte de la filière poids-lourd dans le récent plan de soutien à l’automobile : « nous avions prévenu, nous l’avions demandé mais rien n’a été fait et aujourd’hui, nous sommes seuls aux côtés des salariés pour combattre un plan que rien ne justifie. » Notre Fédération, qui suit de près le dossier, a demandé un rendez-vous urgent avec Bercy pour trouver des solutions. Par l’intermédiaire de son secrétaire général Frédéric Homez, elle avait déjà obtenu, plus tôt dans la semaine, un premier contact téléphonique entre un représentant du ministère et le DSC FO Olivier Repessé.



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