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COMMUNIQUE DE PRESSE - La CNIM fleuron industriel : L’État doit revoir sa position

La Fédération FO de la Métallurgie apporte son soutien total aux salariés de la CNIM et son syndicat FO dans leur combat et les démarches qu’ils ont effectuées pour sauver leur entreprise et garantir les compétences industrielles stratégiques françaises.


04 Mai 2020 Télécharger

La Fédération FO de la Métallurgie apporte son soutien total aux salariés de la CNIM et son syndicat FO dans leur combat et les démarches qu’ils ont effectuées pour sauver leur entreprise et garantir les compétences industrielles stratégiques françaises. Malgré les interventions de la Fédération FO de la Métallurgie auprès de Bruno Le Maire et de la secrétaire d’État à l’Industrie, la participation au capital par l’État qui, seule, permettrait d’éviter l’éclatement et de la vente du groupe, à ce jour, a été refusée.

La Fédération FO Métaux réitère la demande d’un véritable engagement financier par les pouvoirs publics pour sauver la CNIM d’un démantèlement annoncé. Vous trouverez ci-après le communiqué intégral du syndicat FO CNIM.


CNIM fleuron industriel national sacrifié par les pouvoirs publics sur l’autel du COVID-19 : Chronique d’une mort annoncée


La CNIM (Constructions industrielles de la Méditerranée) a été durablement impactée financièrement par un accident industriel en 2019, lié à un contexte extérieur non maîtrisable.

Après trente ans de collaboration et d’enrichissement auprès de notre Groupe, nos organismes financiers découvrent subitement le caractère à risque de certaines de nos activités ! Il était temps ! Quand tout va bien, que les bénéfices sont au rendez-vous, pas de commentaires, mais lorsqu’un accident extérieur non maitrisable survient, l’intérêt de nos « partenaires financiers » disparaît. Dans l’expression «partenaires financiers» certes, il y a « finance » mais il y a aussi « partenaires » !!!

Un plan (une procédure ?) de sauvegarde (de qui ?) a été mis en place par les organismes financiers en position de force et notre Direction. L’État, par l’intermédiaire de la Banque Publique d’Investissement, participe à hauteur de 11 millions au financement de notre dette.

Mais ce plan prévoit notamment, dans un laps de temps très court (irréalisable si l’objectif est de sauver notre entreprise), l’obligation de rechercher des partenaires industriels pour mettre en place un adossement total ou partiel de nos activités. Cette opération vise purement et simplement le découpage de notre Groupe afin de procéder à une cession d’actifs, il serait étonnant que l’État participe sans chercher à sauvegarder une ETI française industrielle qui fait la richesse de notre pays.

Notre organisation syndicale n’a eu de cesse pendant les dernières semaines, d’alerter les élus politiques locaux et nationaux sur le danger des mesures de ce plan piloté par des banques frileuses, face à la situation économique de notre pays liée à l’épidémie de COVID-19, avides d’optimiser la récupération de leurs investissements dans les meilleurs délais sans nous laisser une chance de nous redresser.

Seuls les élus locaux, au travers du Maire de la Seyne/mer et du Président de Toulon Provence Méditerranée ont répondu présents et se sont mobilisés pour, de leur côté, faire remonter la situation de notre Groupe. Ils ont compris le caractère urgent de la situation, parce ce que ce sont des élus de terrain.

Nous savons déjà que des sociétés industrielles étrangères (Chine) lorgnent sur notre Groupe et nous savons que ce n’est pas par philanthropie. Une fois de plus le « Made in France » va intégrer les rangs de grandes puissances étrangères pour créer de nouvelles friches industrielles dans notre pays, qui représentent des secteurs stratégiques pour la sécurité du pays et son fonctionnement : Défense, traitement et valorisation des déchets…

En raison du caractère stratégique de notre activité, il nous est apparu évident de demander au plus haut niveau de l’État une prise de participation temporaire dans le capital du Groupe, bien plus conséquente que le prêt octroyé par la BPI, pour nous dégager un temps réaliste et avoir la main dans la recherche de partenaires industriels idéaux et pérennes. Nous sommes surpris que l’État n’intervienne pas sur un secteur stratégique pour la France et laisse se faire le jeu des acquisitions…en octroyant un crédit qu’il nous est impossible de rembourser sans cessions !

A ce jour, aucun représentant de l’État n’a daigné se fendre d’une réponse, aucune action concrète n’a été mise en place. Nous savons que des dispositifs de prise de participation de l’État dans des sociétés en danger sont utilisés car ils sont mis en place, ex : « Air France » et « Renault ».

Pour information, l’État va investir 7 milliards d’euros pour une société dont l’effectif est d’environ 85 000 salariés. Ce qui représente environ un investissement de 82 000 euros/salariés. Notre besoin serait de 100 millions d’euros pour un effectif de 2 600 salariés soit 19 000 euros/salariés. 100 millions de moins sur les 7 milliards remettrait-il en cause la sauvegarde de cette entreprise ?

A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles, pourrait-on penser ! Une pluie de milliards s’abat sur les grosses sociétés françaises à fort potentiel médiatique auprès des citoyens, mais hélas pour notre société à l’image plus « underground » l’aide de l’État, au travers de la BPI, n’a rien d’exceptionnel. On est en droit de se demander si cette aide n’a d’existence que le fait de faire encore une belle opération de communication. Et ça marche, à tel point que, un certain média local titre « Bercy dégage plus de 11M€ pour sauver l'ETI Varoise CNIM ». Ont-ils pris le soin de creuser leur sujet ou ont-ils simplement repris un texte transmis par l’État ? Par exemple, contrairement à ce qui est écrit, nous, syndicats, n’étions pas inquiets de la signature du protocole mais des conséquences de sa mise en œuvre. La nuance est importante…

Tous les jours, aux JT de vingt heures, nos politiques nous abreuvent de leurs phrases de communication « Quoi qu’il en coûte » « 40 milliards d’aides pour les entreprises » pour nous rassurer. Malheureusement, nous ne sommes pas « premiers de cordée » et le « ruissellement » s’est tari par manque de débit alors même que le Coronavirus nous atteint également.

Ou va cet argent ? Faut-il appartenir au CAC 40 pour faire partie du dispositif ? Avec des activités pour nos armées dans le domaine de la dissuasion nucléaire, le franchissement, la projection maritime, la maîtrise des risques de sureté et la cyber sécurité, ne sommes-nous pas une entreprise stratégique aux yeux de l’État ? Qui protège-t-on ? Salariés ? Financiers ? Où est passée la politique de réindustrialisation menant à l’autonomie nationale ?

Décidément, notre Direction n’a pas le niveau de copinage attendu avec les grands du pays pour pouvoir sauver son entreprise. Pour ceux qui étaient déçus des pratiques politiques du passé, bienvenue dans le « nouveau monde ».

Notre organisation syndicale apolitique est plutôt attentive aux actes qu’aux belles images politiques que l’on veut bien distribuer au peuple.

Dans les faits, c’est un des fleurons industriels du département du Var et de la région Sud qui va disparaître à moyen terme du tissu industriel, et ce drame impactera durablement la vie économique du département et la vie de milliers de familles.

Si les pouvoirs publics n’interviennent pas rapidement dans une prise de participation temporaire plus significative au capital de notre groupe, ils seront les complices de cette disparition programmée par les banques.

Paris, le 4 mai 2020


Contacts :
Jean-Pierre POLIDORI - Délégué Syndical FO UES CNIM : 06 70 61 58 75
Paul RIBEIRO - Secrétaire Fédéral Fédération FO de la Métallurgie : 06 03 64 13 29


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